
En ce samedi 6 février à Paris le froid est bien là, et le crachin est bien fin… Mon short en jean’s, et mon collant en plumetis sont de bien maigres pelures face à ce typique climat Parisien… (Mon dieu… Rien ne va plus je parle de météo…). Mais me voilà déjà rue de Clichy, direction le Casino de Paris. Et ce soir j’ai chaud à mon petit cœur car je vais écouter chanter Benjamin Biolay …
On ne va pas se mentir, cette chronique risque de ne pas être, très, très objective… Car Benjamin Biolay, oui, toi, je t’aime et je t’adore… (hé ho on ne se moque pas !)
D’ailleurs je sens déjà les sarcasmes de bas étages de mes lecteurs à la découverte de cet aveu. Oui, je revendique le droit d’être parfois une midinette ! C’est pourquoi je vais m’adresser directement à toi Benjamin. Et Paf !
Cher Benjamin,
Notre histoire remonte à presque 10 ans et elle a été parsemée « a l’origine » de « roses », d’épines, de « négatif », de bonheur « Yéyé » puis de « Superbe »…
Tout a commencé un soir, où fouillant dans les disques du cousin cool et frais d’un de mes boyfriend je tombe sur « Rose Kennedy »… Tu te tenais là sur la pochette… Au bord de la plage (mode Brighton en novembre) avec une coupe de cheveux Vivelle Dop, tu avais l’air bien sage malgré ton petit regard en coin et, ta désormais éternelle, clope au coin de la bouche.
Je sentais le boyfriend me glisser entre les doigts, le spleen de mes 19 ans (pauvre fille) peser sur mes petites épaules et je t’ai écouté…
Bon clairement je ne me suis pas senti légère comme un Popples juste après… Mais un jeune homme bien charmant me murmurait des histoires où novembre durait toute l’année, où on parle à son ombre, en regardant les cerfs volant s’envoler et en invitant les filles à danser au bord de la mer… J’y étais !! Mes angoisses et mes fantasmes de jeune fille avaient enfin des mots pour les accompagner… Benjamin, tu avais donné une claque à mon petit cœur… Bien qu’encore un peu trop sage je sentais en toi du potentiel wild (la chanson « Los Angeles »). Dés ce premier disque tu as su inventer de vraies mélodies (à renfort de cuivres et autres cordes).
Un an après tu nous fais le coup du double album « Négatif ». Maintenant tu as une mèche qui tombe sur des beaux yeux noirs… Et tu es amoureux… Les chœurs féminins font leur apparition, tu chuchotes (un peu agaçant parfois), tu t’adresses à ta douce. De biens beaux, morceaux naissent de ce « Négatif », tu travailles ton style déjà reconnaissable, et tu commences à venir gratter le Benjamin Biolay cracra… (Magnifique « Glory Hole » pour ne citer que lui).
Tu es estampillé « nouvelle chanson française ». Pas compris là…Et pourquoi pas MGMT le groupe tube de l’été lambada pendant qu’on y est.
Puis suivent « A l’origine » plus fouillis (ça y est les cheveux sont bien longs et les bras tatoués), une rupture triste comme du Bergman et les deux sublimes « Trash Yéyé » et « La Superbe ».
Deux disques majeurs où les maux sont beaux, où les filles sont des sublimes princesses salopes, et où lorsque tes nuits de bitures et de sexe disparaissent, de véritables trésors venimeux et mélodiques naissent. Et accessoirement, tu chantes enfin pour de vrai…
Autant dire que c’est confiante que je vais te voir ce soir, telle une « Genièvre de Fontenay » un soir d’élection Miss France !
Ta voix résonne, tu annonces la première partie… Et là… Je me sens irritée comme le soir où j’ai entendu « Papillon de lumière » à la nouvelle star pour la première fois… Je ne tirerai pas sur l’ambulance, donc je vais vite passer sur la pénible prestation de la jeune Alka…
Et tu arrives dans la pénombre…
Tu es entouré de tes excellents musiciens de toujours (génialissime jeune homme derrière sa machine à ondes optique), qui donnent une vraie dimension live à tes morceaux (pas évident avec les ambiances raffinées de tes chansons). Tu as à tes cotés une formidable harpiste, et un bon jeu de lumière qui te donne un relief animal.
Les gens, depuis tes débuts, se plaisent à te détester sans même t’avoir écouté une seule fois… J’aurais aimé qu’ils soient là pour se façonner des moignons à force d’applaudissements !
Mais tu tiens là ta revanche, Benjamin… Déjà tu es beau, tu es classe, et tu es même drôle… (clin d’œil au critique de Libé…).
Tu commences le concert comme ta carrière, c’est-à-dire sagement, les cheveux derrière les oreilles. Puis ta playlist fournie se déroule comme un tapis rouge sous tes pieds et tu t’animes.
Je te sens me chuchoter à l’oreille… (Malgré la présence DU FAN ABSOLU à côté de moi qui dansait même sur « Ton héritage »…) Ta présence est électrique, presque malgré toi tu transpires le désir et la luxure.
Ton obsession pour les ruptures, le sexe, et la nuit, te font enchaîner les titres 8O’s (« Si tu suis mon regard », « Qu’est ce que ça peut faire » « Prenons le large »), les chansons « belles toute nues » (« Ton héritage » qui ferait pleurer un champion d’Ultimate Fighting « Chère Inconnue », une magnifique reprise de Julien Clerc « Les séparés ») les masterpieces puissants (« La superbe », « Négatif ») et les ombres de Bashung et Gainsbourg flottent au dessus de toi (« Night Shop »).
Comme tu le demandes avec le très beau « Padam », les gens t’acclament plus que chaudement, et là, pour faire grosse psychologie de Prisunic, je vois un adolescent. Qui s’étonne qu’on l’applaudisse… Qu’on se soit déplacé…
À chaque fin de morceau tu lèves le poing comme si chaque note chantée était une victoire. Et tu as raison. C’est une victoire sur la vulgarité, la facilité, tes nuits blanches et tes vapeurs d’alcools persistantes…
Après trois rappels (et oui ça existe…) tu as quitté la scène…
Benjamin, tu m’as laissé là toute chose… Pendant une paire d’heures, grâce à toi, j’ai touché du bout du doigt à « La Superbe ».
Merci… Et à très vite…
By Charlène.

Armés d’un euphorisant premier album (« Lungs »), Florence et sa machine ont investi la scène du Bataclan. Et un subtil vent de sorcellerie pop s’est mit à souffler ce soir là…
Bon, nous n’allons pas nous mentir… Je me rends au Bataclan (Ô joie intense, sous la pluie en semelles de cuir…) déjà plus que convaincue par ce concert à venir…
En effet, après un passage au festival des Inrocks en novembre dernier, la réputation de Florence and the Machine sur scène n’est plus à faire… « Envoûtante », « Extraordinaire », « Incroyable », « Délicieux » (oui, oui on sent bien le Parisien émotif…), les adjectifs ne manquaient pas pour caractériser le show que venait de donner Florence ce soir là… Donc à moins que Miss Welsh (le nom de notre Florence) soit saoule comme la Pologne ou victime d’une gastro passagère je n’ai pas trop de soucis à me faire niveau performance. De plus le premier album « Lungs » m’a brillamment séduite.
C’est donc devant un Bataclan plein comme une huître que Florence a donné son premier concert Parisien ou elle joue en tête d’affiche (dieu qu’il y avait du short en jeans et du Hair band en plumes ce soir là).
Sur scène un décor parfaitement « Florenciesque »… Avec en fond une gigantesque tenture fleurie baroque à souhait, et devant, une harpe, des cages à oiseaux et autres loupiottes.
Les Machine prennent place… Et la voilà qui arrive. La chevelure rousse flamboyante, toute vêtue de blanc et pieds nus. Florence et ses Maxi Jambes (1M70 au garrot ?) sont bien là. Rien à voir donc avec la pseudo nénette vulgos, qui se trémousse en body lamée autour d’un croissant de lune dans son clip… J’accuse ! Que le coupable se dénonce immédiatement !
Et là on peu l’affirmer, Florence n’a rien à voir avec une machine… (Elle oublie même sa playlist, c’est pour dire…). Déjà par sa voix qu’elle maîtrise mais qu’elle laisse aussi complètement aller.
Elle nous balance tous ses octaves en plein dans la figure, et ça fait du bien. Une voix pareille ça fait bien longtemps qu’on l’attendait. Pas d’exercices de style ici mais une véritable émotion qui transpire de chaque note sortant de ses « Lungs », comme sur les très beaux « Between two lungs » ou « Hurricane drunk » qui me tireront la larmiche… (Non, non, je ne suis pas membre du jury de la Nouvelle Star…).
Pas de doute, elle vit chaque parole qu’elle prononce, elle est même possédée telle une sorcière pop, au bord de la convulsion… (« Kiss with a fist », « Howl », ou encore « I’m not calling you a liar » qui se termine en joyeux n’importe quoi). On a rarement vu un être aussi vivant… Toujours sur le fil entre le sensible romantique, et la jolie folie… Florence maitrise aussi bien son corps que sa voix.
Et elle propage cette belle énergie à travers toute la salle, malgré un son pas toujours à la hauteur de sa performance. Les Machine eux aussi assurent (spécialement le batteur qui envoie du lourd). Même si le principal instrument de cette formation reste la voix de la chanteuse.
Le public un peu mou du début se laisse petit à petit porter par la grande Florence. (Spécial dédicace aux deux jeunes hommes devant moi qui ont l’intégralité du concert sur leur Iphone…).
Puis, à sa demande, toute la salle se met à sautiller, et se réchauffe enfin !
S’en suivent les génialissimes « Dogs day are over » (je me souviendrai très longtemps de cette intro à la harpe…), « Got the love » et « Rabbit heart ». Tout comme nous, Florence se consume et bouge chaque parcelle de son corps.
Après de chaleureux adieux (parce qu’en plus elle est plutôt sympa !), cette jolie prêtresse pop s’en est allée… Nous laissant dans un délicieux brouillard doux et électrique.
A voir et à revoir…
By Charlène.
« Parce-que les abréviations, ca nous rend curieux ». C’est comme quand on te dit PPRR (what is that - bin Pony Pony Run Run…), tout de suite ça attise la curiosité. En fait les noms de groupes ultra long, c’est juste histoire d’inciter l’acheteur potentiel à découvrir le groupe et acheter l’album ! Alors TDCC c’est quoi ?
Two Door Cinema Club c’est:
- un groupe de jeunes étalons frétillants tout justes sortis de leur terroir irlandais.
- trois campagnards musiciens : ca change des « boys band » sorties tout droit de Brooklyn ou de Londres.
- un mix de rock nerveux, électro-pop, dégoulinant de hypittude (hype-attitude) et de jeunesse !
Car il faut savoir que ces jeunes poussins (oui on reste dans le registre des jeunes animaux) sont les protégés du Label Kitsuné depuis l’an dernier. On les avait découverts dans Kitsuné Maison Compilation 7 avant la chanson Something Can Good Can Work.

Looks ultra léchés (qui dit Kitsuné, dit fringues Kitsuné dans les clips – bonjour le coup de pub-), coupes de cheveux de mannequins, une attitude de « j’m’en foutiste » qui cache leur fierté sous un regard conspirateur, Alex, Kevin et Sam nous lâchent dans une tourmente cacophonique à coups de guitares électriques et de batterie, sans oublier les rythmes électroniques, le tout électrisé par des beats profonds. Quelques influences afrobeats viennent compléter ce tableau. C’est dans la veine des Foals, mais TDCC puise aussi dans les racines de Franz Ferdinand. Souvent comparé au groupe français Phoenix, les trois artistes gardent la tête froide. Il est sur qu’à leur âge, nombreuses sont les difficultés, qu’ils savent très bien éviter, en s’adaptant à leur public avec leur électro-pop agressive et dansante. Un public d’ailleurs mondial, vu leur gigantesque tournée : Bristol, Paris, Dijon, Berlin, Munich, Nancy, Manchester, Chicago, N-Y, Rotterdam, Toronto, Londres… Peut être que cet engouement s’essoufflera, au profit d’un nouveau boys band ; car il est vrai que les ritournelles sont quelque peu entêtantes et obsédantes, mais créant quelques fois, par la même occasion une atmosphère mélancolique de jours de pluies que l’on retrouve dans Eat That Up, It’s Good For You.
S’ils font preuve d’un brin d’originalité et de courage face à leurs tournées, auront-ils la force de continuer dans la cour des grands ou abandonneront-ils, la tête baissée et la queue entre les jambes ?
By Camille.
Filed under: Stylé Branché Hypé Freatage.. | Tags: Arctic Monkeys, BB Brunes, Skins

Un petit édito pour célébrer la reprise de Skins, la plus hype des séries. La saison 4 est donc enclenchée, le premier épisode a été diffusé sur les télévisions anglaises la semaine dernière. On dit donc merci au streaming et on fonce se regarder le premier de la portée en VOSTFR.
Demain plus de news : résumé du terriblissime concert d’Arctic Monkeys au Zénith de Montpellier qui a eu lieu hier, dimanche 31 janvier. De plus je serai demain au Rockstore de Montpellier afin de voir les BB Brunes qui risquent de ne pas faire le poid face à Alex Turner mais qui donneront quand même lieu à un article.
Marie-Jeanne.

Pas de doute… A l’écoute de ce « Minor love »l’ami Adam Green est revenu coller ses derbys et sa voix enfumée à la musique de ses premiers amours. Et ce n’est pas pour déplaire à mes chères esgourdes…
Petit rappel : Adam Green est l’un des prophètes du mouvement anti folk. Mouvement alternatif made in Oncle Sam, mêlant punk et folk et se qui se refuse à tout propos prétentieux, et pratique de ce fait l’autodérision.
Avec son acolyte Kymia Dawson ils fondent à la fin des 90’s « The Moldy Peaches ».
(Heureux parents du « Anyone else but you », morceau passé au rang de tube grâce au film « Juno »).
Ils font partis de la grande famille de la H.Y.P.E underground, avec comme potes de binouze The Strokes ou encore Ben Kweller.
Puis, tout en restant BFF, ils vont chacun de leurs côtés travailler à leurs projets solos.
S’en suivront pour Adam des disques restant dans la fibre de l’anti folk (Garfield, le très très bon « Friends of mine », ou Gemstone qui commence à entamer une certaine mutation musicale…). Il cultive le son lo fi, les textes aux images sorties d’un rêve psyché, les love story qui sentent la loose, et l’autodérision. Mais aussi son penchant pour le goulot, et autres Haribos pas bio…
Puis, soudainement frappé par le dieu Bleus/Boogie , Adam part quelque peu en quenouille sur les disques suivants (les tout de même plaisants Jacket full of danger, et Sixes ans Seven). Il en fait des caisses au niveau musical (20 titres ! Une chorale Gospel !), et essaie de chanter comme Sinatra…
La patte d’Adam et son talent étaient toujours là, mais le too much qu’il redoutait tant pointait le bout de son nez…
Mais Adam je te pardonne… Oui car Adam est attachant… Une rock star avec des chamallows aux pieds. On a envie de lui faire un gros câlin tout en lui payant un gin tonic quand il nous raconte ses ratages amoureux et autres misères.
Et c’est ce dont parle ce « Minor Love »… Adam a essuyé un divorce (Madame est servie avec ce disque…) et s’est rendu compte que parfois il a un peu déconné (concert saoul comme la Pologne, fausses bagarres dans les bars…).
Du coup il revient à l’essentiel, la musique avec laquelle il se sent le plus à l’aise comme un disque réconfort.
Sa voix, dont la ressemblance avec Lou Reed est maintenant plus qu’évidente (filiation ou imitation ? Hum ?), est plus en retenue, moins poussée, comme un chuchotement rebelle.
Les instrus sont minimalistes (Adam Green joue pratiquement de tous les instruments lui-même) mais font leurs petits effets. L’orgue Hammond sur « Give them a token », le Kazoo sur « Buddy Bradley », la guitare sautillante de « Goblin » ou la grande envolée de cithare psyché semblable a une nuée d’oiseaux sur « Bathing Birds », la basse funky sur « Lock out » ou encore les grelots sur « Castles and Tassels »en sont la preuve.
Il y a aussi de bons morceaux rocks comme « Cigarettes burn forever » ou « Oh Shucks ».
Adam Green réussit ici un bon mix musical (même si la batterie pêche un peu sur certains morceaux…).
Si disque doudou il y a, « Minor Love » est aussi un disque cathartique. Adam a cherché à mettre des mots sur ses maux et autres frasques.
Certes, il se pose toujours dans la tradition des « story teller », mais il semble bien que cette fois ci Adam veuille également se raconter à nous à travers des histoires qui vous brise le cœur et vous change à jamais (« I’m not nice, no one should hold me up »), les soirées trop arrosées qui finissent mal, et les moments qui sentent bon le spleen (le beau « Stadium of Soul »ou « Boss inside »).
Même si, à l’ancienne, il continue de parsemer ses morceaux d’histoires improbables (« Castles and tassels », le morceau « Buddy Bradley » inspiré d’un personnage de BD), et de jolies images et métaphores. Les filles sont des lutins (« Goblins ») et des muses cruelles qui ensorcèlent les garçons en dansant, alors qu’Adam se compare à 50 corbeaux. Bref, un subtil brouillage de pistes, entre fables et vécu…
Pour sur, Adam Green ne nous livre pas ici un grand disque… Certes… Mais il amuse, divertit et émeut même à certains moments…
Welcome back Adam… Give me a kiss…
By Charly.
« Le fond de l’air est frais » mais je ne me défile pas et j’enfile ma mini rouge, mon béret et mes bottes… Ce soir, oui pas de doute, je suis en phase, je vais voir chanter Jacques Dutronc.
Pour les plus jeunes et moins érudits d’entre vous, il faut savoir que Jacques Dutronc était un peu notre mods à nous qui squattait le drugstore : chic, talentueux, charmant, et nonchalant. Dans les 60’s, après avoir été directeur artistique et découvreur de talent pour plusieurs maisons de disques, il se lance dans la chanson un peu par hasard et ne la quittera, quasiment, jamais…
L’ami Jacques nous gratifie donc de quelques dates alors qu’il avait fait ses adieux à la scène en 1992 au Casino de Paris…
De ce fait direction le Zenith… « Aie, Aie, Ouille »… On ne va pas se mentir je suis loin d’être fan de cette scène. Car en plus d’être « trop petite pour le Zenith » (dixit l’ami Théo…), la salle est froide et sans grand intérêt acoustique… Et ô joie intense, pour l’occasion la fosse est entièrement recouverte de fauteuils en plastiques rouges. Il faut me faire une raison, je ne pourrai pas twister ce soir… Le public est comme la musique de Dutronc, c’est-à-dire sans âge.
Bref, me voilà assise en tribune N, bière en main. A 20H pile la voix de velours de Jacques retentit au milieu de la salle, qui est bourrée comme un sac d’écolier un jour de rentrée.
Il nous annonce la première partie. Oui, une fois n’est pas coutume je me suis débrouillée pour arriver avant la première partie…
Et peut être bien que je n’aurais pas du… Me voilà face à un trio Corse, des amis/voisins de Jacques.
Certes les sonorités à la Bénabar ne sont pas ma tasse de thé, mais doublées de paroles telles que « avec Johnny je bois du whisky et Elvis je bois du pastis » c’est vraiment dur… Ce n’est pas parce que je bois une bière que je vais le chanter avec Jean Pierre Madère que je sache !
Peut être qu’à force de trinquer à la myrte avec ce joyeux trio, Jacques leur a promis, sur l’honneur, la première partie du Zenith et qu’il ne pouvait plus refuser…
Le spectacle peut, enfin, commencer ! Les musiciens arrivent sur scène chacun leur tour. Puis une poursuite fend la scène plongée dans la pénombre pour aller se poser sur Jacques Dutronc. Lové dans un fauteuil club, jambes croisées, cuir sur le dos, et Rayban chromées sur le bout du nez, Jacques nous met dans l’ambiance. Ca tombe bien, on est aussi là pour le mythe.
Le groupe qui l’accompagne est certes formé de vieux loup un peu old school (formation classique, ça joue « lourd », pas de subtilités dans les orchestrations) mais assure, et le son est bon. Et ils ont su garder l’essence musicale des morceaux (comme la flûte sur « Paris s’éveille » ou le clavier sur « Le petit jardin »)
Jacques embraye sur « Et moi, et moi, et moi », puis les tubes s’enchainent.
A quelques whiskys et cigares près, sa voix garde les mêmes intensités et le même timbre qu’autrefois.
Jacques connait, aime ses chansons et ça se voit. L’intention est toujours juste même si parfois elle est quelque peu too much comme sur « fille du père Noel ».
« Le petit jardin », et « J’aime les filles » sont parfaits, « Gentleman cambrioleur », « Le plus difficile », « Comme elles dorment » et surtout « Le playboy » font resurgir le jeune dandy Jacques qui ne s’est jamais vraiment éteint…
Mais le plus flagrant c’est de voir à quel point les textes de Dutronc (et de feu Jacques Lanzmann son éternel acolyte) sont modernes et collent autant à l’actualité.
Avec « Et moi, et moi, et moi » et son égoïsme ambiant et universel, « L’opportuniste » et son personnage qui nous rappelle entre autres notre « gourou menteur » de l’identité nationale, ou encore « On nous cache tout on nous dit rien »…
L’ambiance est fort bonne, mais un peu lourde quand Jacques nous fait le célèbre mais atroce « Qui c’est qui crie le plus fort ? A droite ? A gauche ? Au milieu ? »
Pêle-mêle durant cette soirée j’ai eu le droit à un insipide duo avec Vincent Lindon (qui apparemment a eu du mal à retenir trois phrases…), et une mauvaise version pseudo rap de « Fais pas ci, fais pas ça » avec des choristes, qui à l’évidence, n’avaient pas compris un quart de la chanson…
Et c’est déjà le temps des rappels ! Et c’est bien dommage que Jacquo nous resserve du « Cactus », de « La fille du père Noel », et du « Et moi, et moi, et moi ». J’aurais bien aimé rencontrer « L’hôtesse de l’air », ou « Mettre un tigre dans ma guitare »…
Pour finir je repars le cœur léger de savoir que oui, Jacques, tu assures ! (A 67 ans tout de même ! Merde !) Tu aurais certes pu insuffler un peu plus de folie et d’impros à ton show, oui… Mais en même temps ce n’est pas ça que l’on te demande, car tu l’as dis toi-même « Remonter sur scène pour rallumer la flemme »… Merci…
By Charly.
Apres des aventures solitaires, Mickael, Mickey même, relance la machine «trois dimensions» avec La Grande Evasion, paru déjà il y a quelques mois. LMJ vous propose d’y revenir.
Des crochets pour marquer le changement. Fini Mickey 3D, hello Mickey [3D]. Histoire de faire comprendre que cette période est belle et bien terminée. Heureusement le style Mickaël Furnon est toujours bien là, lui.
Guitares, basses, trompettes, synthés, samples et compagnie. On pourrait trouver ça lourd, mais c’est léger dans la balance. Léger, comme les paroles de Mickael qui, comme à son habitude, raconte ce qu’il veut raconter. Le reste, on s’en fou. Surtout ne pas aller à l’essentiel.Des paroles qui coulent, peut être que c’est la mélancolie qui tient le stylo. Un «1988», premier single, qui se charge à ma place de raconter une autre époque, celle qui manque tant à notre conteur d’histoires .
Et puis Mickey n’a pas peur du titre complètement chelou. «L’homme qui prenait sa femme pour une plante», «chanson du bonheur qui fait peur» et j’en passe. Parce que, soyons clairs, Mickael, il s’en branle et il fait ce qu’il veut. Des chansons aux mélodies incroyables, par exemple. Evidentes même. Comme si elles avaient toujours été là, qu’il fallait juste la formule magique. Et bien Mickey, c’est nôtre chaman. «Je m’appelle Joseph»,chanson résolument dramatique, est effectivement enchantée. Abracadabra et je frisonne. Paris- Augusta Falls, en quatre minutes. Inspirée du roman «Seul le silence», c’est selon moi la meilleure de l’album.
Mais ce n’est pas tout, rassurez vous. «Playmobil» claque vraiment aussi. Du vrai, bon, culte Mickey 3D. S’énerver calmement existe donc. La révolte d’un gosse en une chanson, pour ouvrir l’album.
Bref. 14 chansons, des bonnes et des moins bonnes, et toujours cette voix faussement juste. Mickaël Furnon est un escroc qui a tout compris. Et nous l’escroquerie ça nous excite. Pas besoin de chanter comme un dingue pour nous envoyer en l’air, mais ça on l’avait déjà compris.
La conclu’ pour cet album trop peu cité, c’est Mickey qui l’a déjà faite pour moi (décidément , j’aurais pas foutu grand chose) et plus précisément dans la wonderfull «Méfie toi l’escargot” :
« Y’a des paroles qui tuent, des refrains qui remuent…»
Merci Monsieur 3D.
By Igor.
Je ne vais pas vous la faire : on l’a déjà raconté cent et cent fois celle-ci. Et pourtant, à l’heure où Doherty est encore considéré par certains comme un pantomime à chapeau qui fume le crack par les oreilles, coiffer encore une fois la casquette défoncée du conteur s’impose,pour ceux qui ont déjà oublié l’aube du XXI ème siècle.Peur du bug de l’an 2000, jeans baggy, Jacques Chirac, la techno, le nu métal, les immondes Limp Bizkit reprenant Behind Blue Eyes. Hier à peine.
Doherty, donc. Anglais, prototype du branleur, fan des Smiths. Signe particulier ? Arrivé trop tard dans un siècle trop défroqué (comme Barbey, comme Baudelaire, comme Gainsbourg), ce qui est encore le meilleur pour dénuder son génie ; propension à écrire des des mélodies divines. Les veines suivant les courbes des routes de son Albion chérie, le sang portant les mornes histoires éparpillées sur lesdits sentiers.
Étrangement l’idée vient des Amériques, où les Strokes sont arrivés. Pas les mains vides. Velvet, cravates fines, cheveux sales, Converses All Star portées avec pantalons de coton, bonnes chansons, chanteur beau comme un Dieu alcoolique. Jusqu’alors très pops, Doherty et son compère Barat voient où est le pouvoir. C’est bien beau de se prendre pour les Kinks de Village Green Preservation Society, en attendant, les gamins réclament du bruit.
Revirement punk. L’opportunisme, c’est trop peu dit, a souvent du bon. Up The Bracket (Dans Ta Gueule. Rarement album a aussi bien porté son nom) finit le travail accompli par Julian et son gang en y ajoutant la dose de romantisme dégueu qu’il faut pour attirer les kids boutonneux lecteurs de poésie . Une armée de branleurs s’empare de guitares, se laisse pousser les cheveux, cesse le baggy pour resserrer un peu le pantalon (2000 est, définitivement, LA décennie des torsions testiculaires). La messe est dite. Des clones couvés par le NME et une hype plus que douteuse émergent. Voilà pour Doherty.
France, aube de 2010 : les gamins branchés portent des doudounes, écoutent de l’electro, et trouvent que porter des Nikes avec un Slim, c’est du dernier chic. Hum. Au fond, la grande déjante dohertienne, comme toutes les grandes œuvres, aura été bien courte. Posons nous sur le banc et attendant un nouveau messi ( Espace Schengen oblige, ils arrivent maintenant de plus en vite, une fois tout les dix ans…).
By Ahmosis.
En ce mercredi 8 décembre, j’avais enfilé ma tenue de combat réglementaire : Slim, converses, t shirt néo vintage cracra…
Car en effet, ce soir, je sautille jusqu’au Bataclan pour voir l’un de mes petits maîtres à penser et idoles (oui, oui, il faut parfois savoir l’admettre…) : Julian Casablancas. Le maître chanteur de The Strokes donnait ce soir là un concert pour défendre son premier album solo « Phrazes of the Young ».
Petit rappel des faits : après une tournée mondiale et un troisième album des plus jouissifs, Les Strokes décident de prendre le large chacun de leurs côtés pour assouvir de nouveaux besoins musicaux… Pour le meilleur (Little Joy pour Fabrizio Moretti, Nickel eye pour Nikolai Fraiture) et…le moins meilleur (Nick Valensi avec Megapuss, sombre association musicale dark/glam/prog bordélique avec Devandra Banhart).
Trop d’alcool, trop control freak, l’équipe n’est pas sûre de vouloir replonger tout de suite avec Julian Casablancas… Il est donc le dernier à livrer son projet solo, faute de retrouvailles Strokienne…
Il nous offre donc un album de pop baroque, composé de huit titres, qui n’a pas grand-chose à voir avec le son de The Strokes.
Chaque morceau laisse entrevoir une vraie atmosphère avec différentes textures sonores tout en mélangeant guitare, synthés cheesy, batterie fulgurante et autres instruments plus classiques…
Une réussite ! Julian s’est, définitivement, bien amusé. Le show ne pouvait donc être que prometteur…
En tout cas j’étais loin d’être la seule à avoir pris rendez vous avec lui ce soir la, et à avoir endossé la tenue Strokienne réglementaire.
A l’intérieur, tout ce qui se fait de plus ou moins bon en matière de scène rock Parisienne, et de Dandy rock crédibles ou improbables (BB brunes, Shades, Jules Sitruk qui semblait s’être perdu…)
Le concert commence par une belle entrée sur scène, et en matière, avec « Ludlow street ».
La voix de Julian est impeccable dans l’intention. Un grand huit vocal, tour à tour en force et en mélancolie, puis plus retenu et contrasté.
La prestation scénique est la même qu’à l’époque des Strokes, simple et de bon goût, mais parfois frustrante… (« Ca va Paris ? » « J’adore manger chez vous ! » « Hooo, you’re great ! »). Vive la méthode Assimil !
Et même si plusieurs refrains me clouent les pieds dans la bière (le tube « 11th dimension », « Out of the blue », « Ludlow street »), je me pose une question cruciale : c’est moi ou tous les titres de « Phrazes of the young » sont comme passés à la moulinette ? Certes retranscrire le disque sur scène est quasi impossible, mais certains titres sont méconnaissables… J’ai du mal à comprendre les paroles… Le son est juste dégeulasse et le groupe qui entoure Julian Casablancas est des plus douteux… Un faux jeu à la batterie qui en fait des caisses pour rien, la basse synthétique qui raidit tous les morceaux, les claviers midis sont tristes à mourir, et je ne parle pas de l’armée d’ordinateurs qui n’insufflent pas grande chaleur…
Et comment dire que ce n’était pas le public du Bataclan qui allait me l’apporter… (J’ai du, par contre, en donner au Monsieur derrière moi qui en a profité pour me peloter les fesses pendant 10 bonnes minutes…Ha, les joies de la foule…)
L’ambiance dans la fosse était aussi insipide qu’un best of de Chimène Badi… Le public était il en plein recueillement devant le master Casablancas ? Était-il déçu comme moi ? Ou alors peut être tout simplement trop occupé à se reluquer afin de décerner le prix du plus cool des faux new yorkais parisien ?
De plus (malgré la déception musicale) 45 minutes de show c’est vraiment trop peu… Une jolie reprise de « I’ll try once » des Strokes et pouf, Julian s’en est reparti…
Pour conclure : Julian, si un jour d’aventure tu lis ces lignes, je sais que tu as essayé de te donner à fond lors de ce concert, et de ce fait je t’aime toujours. Mais la prochaine fois ramène tes copains avec toi sur scène… Et à bas les peloteurs de fosses !!
By Charly.
Noah and the Whale – First days of spring
Charlie Fink est le chanteur de Noah and the Whale. Charlie Fink est triste. Charlie Fink n’a plus d’amoureuse, Laura Marling a quitté Charlie Fink. si Charlie Fink est triste c’est de la faute de Laura et si Charlie Fink a écrit « First Days of spring » avec ses compères, c’est pour se relever.
« First days of the spring » est un de ces albums qui forment un tout. Pour l’apprivoiser, il faut l’écouter dans le bon ordre comme on lirait une histoire. Et cette histoire, elle est pleine de mélancolie, de peine et d’espoirs mais jamais cucu ou ennuyante. Car Charlie veut aller de l’avant et nous le fait savoir tout au long de l’album. Il nous raconte son histoire : le vide après la rupture, la nuit avec des filles de passages (« stranger »), ses remords et son envie d’avancer (« blue skies »).
On pourrait définir la musique de Noah and the Whale de folk mais plutôt un folk arrangé, où chaque note résonne et trouve sa place, où l’on croise au détour d’un morceau des cordes effleurées, des timbales, cuivres ou flûtes traversières dignes des plus grands orchestres. L’album démarre avec « the first days of spring », chanson éponyme qui pourrait bien être l’un des meilleurs titres de l’année tellement c’est beau : les percussions qui résonnent, l’émotion qui monte en puissance et les violons qui habillent le tout. Quant à « Love of an orchestra », elle envoie de la patate, avec cette chorale en fond.
Bref, « first day of spring » est grand, brut, calme, puissant et majestueux.
Écoutez le, il vous apaisera autant qu’il vous touchera. Et comme le NME l’a classé 32 ème meilleur album de l’année, c’est que ça ne doit pas être si nul que ça…
Bonus: L’album est accompagné d’un film qui est tel un immense clip qui illustre tous les titres de l’album…
By Chloé.





